Historique du MMA

A la fin du XIX siècle, on constate que de nombreux combats sans règles sont organisés en Europe, entre lutteurs et autres sportifs. C'est au Brésil que le combat libre a réellement pris toute l'initiative de son développement. Le Mixed Martial Arts appelé autrefois «combat libre» a plusieurs influences, tout d'abord celle du Vale Tudo au Brésil, comme le Shoot Wrestling au Japon. Le Vale Tudo signifie «tout est permis», apparu dans les années 1920 au Brésil avec le fameux «Challenge Gracie» qui opposa la célèbre famille à d'autres représentants des arts martiaux. Pour comprendre l'évolution du Mixed Martial Arts, il est nécessaire de révéler quelques points sur l'histoire de la famille Gracie.

En 1801, George Gracie émigre de l'Écosse vers le Brésil et s'installe dans la province de Para, au Nord-Est du pays. Au début des années 1900, un Japonais du nom de Mitsuyo Maeda est envoyé aux Etats Unis par le gouvernement japonais. Mitsuyo Maeda était un disciple de Jigoro Kano (Fondateur du Judo), ce dernier était très enclin à diffuser son art à travers le monde. Maeda s'installa sur la côte Est et ouvrit une école à Princeton. Sur place, il eut les plus grandes difficultés à gagner sa vie, car sa discipline était assez obscure aux yeux des américains.

Il fut donc l'initiateur de nombreux défis lancés à divers boxeurs ou lutteurs. Mais à cause de ces défis, il s'attira les foudres de Jigoro Kano, car il allait à l'encontre des règles morales du Judo. Alors Maeda façonna sa propre méthode de combat adaptée aux deux grands groupes de combattants qu'il rencontrait en duel, pour cela, il innovait avec intelligence et prudence en ajoutant certaines techniques et en supprimant celles qu'il jugeait inefficaces. Au début des années 20, Maeda s'installa au Brésil pour promouvoir un plan gouvernemental Japonais qui consistait à établir une colonie nippone au nord du pays. Sur place, Maeda devint rapidement ami avec Gastão Gracie, une figure politique locale et fils de George Gracie, Gastão usant de son influence, aida Maeda à établir la colonie japonaise dans sa province.

Maeda, en plus de son habileté politique, était également connu au Japon pour une autre raison, il était un champion de Judo. C'est ainsi que Maeda offrit en remerciement de l'aide que Gastão lui apporta, d'apprendre à son fils Carlos, ses connaissances en Judo et en Ju-Jitsu. Maeda entraîna le jeune Carlos entre sa 15e & 21e année, puis retourna au Japon. Durant ces quelques années d'entraînement, Maeda su transmettre aux Gracie l'impulsion technique dont ils avaient besoin, ainsi qu'une vue d'ensemble de stratégies éprouvées sur le terrain qui, si elles étaient mises en application, pouvaient permettre au lutteur de dominer son adversaire lors d'un combat réel.

Une fois son maître parti, Carlos commença à enseigner l'art de Maeda à ses frères, Hélio, Jorge, Osvaldo et Gastão Jr. Les frères Gracie commencèrent alors à adapter, les techniques de Maeda afin de les rendre les plus efficaces possibles. C'est en 1925 que Carlos parti pour Rio de Janeiro avec Hélio, plus jeune de 11 ans, où ils ouvrirent une académie de Ju-Jitsu. Un des frères, Helio Gracie (16 ans) étant le plus jeune et le plus léger (62kg) lorsqu'il commença à apprendre le Ju-Jitsu. Ne pouvant pas participer aux entraînements, il se contentait d'observer son frère plus âgé enseigner la discipline, lorsqu'un jour, Carlos ne pouvant plus participer au cours, Helio fut invité à le remplacer.

En raison de sa taille et de son gabarit, il commença à adapter les règles de base de Ju-Jitsu suivant son petit gabarit. Il présenta l'application de la puissance, à l'art de combattre, permettant à un plus petit adversaire de battre un plus grand. Ainsi, il expérimenta cette particularité et augmenta les techniques de base pour les rendre efficaces dans toutes les catégories. C'est là que commença le développement d'un nouvel art martial, le Gracie Jiu-Jitsu. Carlos et Hélio continuèrent à progresser et à perfectionner leur art dans leur nouvelle académie.

Pour attirer l'attention et promouvoir son image, Carlos imagina un plan marketing connu sous le nom de «Challenge Gracie». Il publia une série d'annonces dans différents journaux de Rio, présentant une photo de lui-même, peu impressionnant physiquement, une publicité pour son académie et un défi: «Si vous voulez vous faire casser le bras ou les côtes, contactez Carlos Gracie à ce numéro...» !

Et c'est ainsi que commença le renouveau des arts martiaux mixes. Carlos, puis son jeune frère Hélio, suivis par les fils des deux hommes, lancèrent et relevèrent de nombreux défis dans les matchs de Vale Tudo contre des représentants de différentes écoles de karaté, boxe et capoeira.

Au fur et à mesure, la popularité de ces défis se répandit dans tout Rio, et les matchs initialement fermés au public commencèrent à rassembler de plus en plus de monde, jusqu'à prendre place dans les grands stades de football. L'un des premiers combats professionnels fut l'affrontement entre le champion brésilien poids léger de boxe, Antonio Portugal contre le plus jeune et le plus léger de la famille Gracie. Hélio remporta le combat en 30 secondes par soumission et fut élevé, au rang de héros. À cette époque, le Brésil n'avait pas d'icône sportive internationale et de ce fait, Hélio prit facilement cette place.

L'existence de ces incroyables défis fut connue au Japon, et de grands combattants japonais vinrent participer à cette nouvelle forme de compétition contre les Gracies, pensant que ces derniers étaient en train de corrompre leurs arts traditionnels. De nombreux champions japonais affrontèrent Hélio, qui avec ses 65kg était souvent largement plus léger que ses adversaires. Il totalisa seulement deux seules défaites, contre Masahiko Kimura (champion de Judo) et Valdemar Santana (combattant Brésilien Jubo/boxe/Ju-Jitsu). 's deux défaites restèrent dans la légende du combat libre. Hélio continua à défendre le nom des Gracies ainsi que leur art martial entre 1935 et 1951. À 49 ans, sa défaite contre Santana fut son dernier combat (le combat durera 3 heures et 40 minutes).

Puis c'était au tour du fils aîné de Carlos, Carlson âgé de 17 ans, de prendre la relève. Par la suite, les fils d'Hélio, Rolls, Rickson et Rorion continuèrent à soutenir grâce à leur talent de combattant, l'image du fameux Challenge Gracie. Ainsi, le Vale Tudo devint immensément populaire en devenant rapidement, le second sport le plus populaire en termes de vente de billets, derrière le football Brésilien. De nombreuses équipes se formèrent, des rencontres furent régulièrement organisées un peu partout dans le pays, ainsi qu'aux États-Unis.

Dans l'apparition médiatique du Free Fight, il est des combats qui resteront à jamais gravés dans l'histoire de la discipline, non pas par la qualité du combat, mais bien, par l'enjeu qu'il représentait. En fait, cette rencontre sportive a fait parler d'elle simplement par le fait, d'avoir eu lieu: Mohamed ALI VS Antonio INOKI

C'est sur un ring de catch que le 25 Juin 1976, le premier gala professionnel de combat libre se déroula à Tokyo, devant les chaînes de télévisions. Pendant quinze rounds de trois minutes, le catcheur Inoki assis par terre, utilisa une tactique peu appréciée par le public, en se trainant aux 4 coins du ring afin de lancer des séries de low kick dans les jambes du célèbre boxeur, qui pour l'occasion, garda le sourire en guise de provocation. Lors du combat, Ali conserva ses gants de boxe et réussi à atteindre seulement 3 fois son adversaire qui refusa l'affrontement debout. ' match classé comme un gala de sport spectacle se solda par un match nul, la presse révéla l'événement, comme le combat le plus nul du siècle.

L'ère du MMA moderne

Au début des années 1980, Rorion, le fils aîné d'Hélio part aux États-Unis pour enseigner le Gracie Ju-Jitsu en Californie. Comme son père et son oncle avant lui, il fait la promotion du fameux «Gracie Challenge», en y ajoutant un détail si peu ordinaire. Il offre 100000 dollars à quiconque battra, lui ou l'un de ses frères, dans un combat de Vale Tudo. Une fois de plus, ces défis apportent au Ju-Jitsu brésilien une grande popularité. Lorsque Rorion réalise le potentiel du style de combat de sa famille, il décide de créer une organisation destinée à promouvoir son art aux États-Unis.

Après des années de travail et de promotion de cet art familial, Rorion rencontre Art Davie, un homme d'affaire qui s'était déjà intéressé à ce sport après un voyage en Thaïlande et au cours duquel, il avait assisté à une rencontre de type Vale Tudo. Davie utilisa ses relations dans l'industrie de la télévision pour organiser un rendez-vous entre Rorion et Bob Meyrowitz, le président de SEG, une société spécialisée dans le pay-per-view, des événements sportifs.

Ensemble, les trois hommes créent l'«Ultimate Fighting Championship», un tournoi dont le but est de faire s'affronter des adversaires de styles différents. L'UFC 1 aura lieu, le 12 novembre 1993 à Denver au Colorado.

  • Un décor à la hauteur du spectacle: une cage octogonale grillagée.
  • Son principe: un tournoi a élimination directe où s'affrontent des combattants d'horizons martiaux différents.

Tournoi d'un nouveau genre, remporté à 3 reprises par son frère Royce, rencontra un succès important et entraîna un profond bouleversement dans le milieu des sports de combats. Lors de l'UFC 1, 86000 pay-per-view sont vendus et à partir du 3ème UFC, c'est plus de 300000 pay-per-view qui sont vendus, lors de chaque diffusion. Si le Mixed Martial Arts s'est fait une petite place dans le sport américain, il traine une mauvaise réputation. Les six premiers UFC avaient effectivement très peu de règles:

  • Pas de limite de poids
  • Pas de limite de temps
  • Pas d'équipement, ni de protection obligatoire.

Les seules règles étaient de ne pas frapper les yeux, de ne pas mordre et de ne pas saisir les parties. Le combat ne pouvait être stoppé que par arrêt de l'arbitre, knock out ou soumission, cette dernière pouvant être signalée verbalement ou en tapant trois fois en signe d'abandon. De par son originalité, les rencontres ont lieu dans une cage grillagée octogonale dénommée «l'Octogone». Les premiers UFC étaient des tournois au cours duquel les combattants réalisaient plusieurs combats successifs au cours de la même soirée, avec élimination directe jusqu'à la finale.

L'absence de catégorie de poids apparut rapidement comme un problème, permettant par exemple lors du 3ème UFC, un affrontement entre Emmanuel Yarborough, un sumotori de 273kg, contre Keith Hackney, un karatéka de 91kg. Il devint également évident que l'absence de limite de temps et l'absence de juges était préjudiciable. D'ailleurs lors de l'UFC IV, la plupart des compétiteurs s'étaient entraînés aux techniques de combat au sol, dont l'importance avait été révélée par le succès de Royce Gracie; les combats devinrent de plus en long, chaque adversaire se neutralisant mutuellement. toute augmentation progressive de la durée des combats eut deux conséquences: l'événement dépassait la durée prévue par la chaîne retransmettant le pay-per-view, les amateurs se lassaient de ces longues phases de combat au sol, jugées trop ennuyantes.

L'organisation réagit et institua, en 1995 pour l'UFC 5, une limite de temps de 30 minutes, sans pour autant introduire des juges. Ainsi la rencontre revanche tant attendue entre Royce Gracie et Ken Shamrock dura 30 minutes et fut annoncé comme un match nul, provoquant la colère des fans. Ainsi, l'organisateur instaura des juges dès l'UFC suivant, afin de décider de l'issue des matchs atteignant la limite de temps fixée. Des opposants au MMA et aux règles de l'UFC ne tardèrent pas à se manifester, notamment aux USA, ainsi la SEG était en partie responsable de ces difficultés. En effet, elle avait mis en avant la brutalité des combats et l'absence de règle, faisant passer la compétition comme un événement «No Holds Barred».

Toute stratégie marketing fonctionna au début et attirera l'attention des médias, puis s'avéra être très négative, quelques temps plus tard. Une opposition anti-UFC vit rapidement le jour, menée par le sénateur de l'Arizona John McCain, lié au milieu de la boxe, qui y voyait un sport bestial rappelant l'époque des gladiateurs romains. En 1996, McCain et le sénateur républicain du Colorado Ben Nighthorse-Campbell écrivent une lettre aux 50 gouverneurs des États d'Amérique, présentant l'UFC comme «un sport sanglant brutal et répugnant, qui ne devrait pas être autorisé sur le territoire des États-Unis.» Il parvient ainsi à faire progressivement interdire l'UFC de presque tous les états, obligeant les organisateurs à se déplacer d'un état à l'autre, selon la législation. De plus, il entraîne la plupart des compagnies de pay-per-view à retirer le MMA de leur programme, privant du même coup l'organisation d'une grande partie de ses revenus. En 1997, les deux plus gros distributeurs, TCI et Time Warner, se retirent mettant l'UFC, au bord de la faillite.

Alors que l'UFC survit tant bien que mal, à la même période, l'arrivée d'un événement sportif appelé « Pride Fighting Championship » révèle Rickson Gracie, le demi-frère ainé de Royce. tournoi nait au Japon suite au succès de l'UFC aux USA et aux victoires retentissantes de Royce Gracie (Vainqueur UFC 1, 2, 4). La première compétition se déroule au Tokyo Dome, le 11 octobre 1997 et plus de soixante évènements ont été organisés jusqu'à sa disparition en 2007. toute nouvelle compétition propose des combats sur un ring et non en cage, comportant plus de règles que l'UFC, celle-ci devient rapidement la plus importante organisation de MMA au monde, que ce soit en termes de médiatisation, de show, de bourse pour les combattants, tout comme la qualité des combats proposés.

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